Ca y’est, vous avez une idée pour votre startup, mais vous êtes effrayés par tout cet argent que vous allez devoir sortir pour la tester… Comment tester une idée de startup sans dépenser d’argent ? C’est l’un des points de blocages principaux à tout entrepreneur qui souhaite se lancer en minimisant les risques. Cela part pourtant d’un bon réflexe : tester son idée. Là où l’on se trompe souvent, c’est sur le fait que tester une idée coûte nécessairement beaucoup d’argent. Dans cet article, nous allons donc voir comment avec de la volonté et de la créativité il est possible de tester son idée sans dépenser un centime.

Tout d’abord, que veux dire tester une idée ? Si vous pensez que c’est avoir le feu vert pour créer votre startup sans prendre aucun risque, vous faites fausse route. Il est strictement impossible de réduire tous les risques inhérents à la création d’une startup. Il est cependant possible de prendre conscience de ces risques et d’essayer de les minimiser.

 

Les différents types de risque

 

Il existe quantité de risques auquel vous serez confrontés au cours de votre aventure entrepreneuriale. Cependant, 2 types de risques sortent du lot lorsqu’il s’agit de tester une idée. Réduire ces risques ne veut pas dire que vous arriverez à créer une boîte à succès, cela veut simplement dire que vous maximisez vos chances d’y arriver. Ces deux principaux risques sont :

  • Le risque sur le problème que vous adressez : le problème que vous avez identifié n’est en fait pas partagé par assez de monde, ou pas suffisamment « vital » pour que votre cible essaye à tout prix d’y trouver une solution
  • Le risque produit : la solution que vous apportez n’est pas comprise, n’est pas utilisée.

 

Comment tester son idée de startup ?
Les risques associés à la création d’une startup font de l’aventure entrepreneuriale un vrai numéro d’équilibriste !

Mettre à l’épreuve ses hypothèses pour réduire les risques

 

Pourquoi dit-on que ce sont des risques ? Tout simplement parce qu’ils reposent sur des hypothèses que vous avez formulées concernant votre produit / votre marché / votre clientèle.  Ainsi, l’hypothèse la plus importante que vous avez normalement formulée est celle correspondant au problème auquel vous vous attaquez, comme indiqué dans le post précédent.

Tester une idée en validant les hypothèses sur le problème que vous adressez

un problème est une opportunité
Un bon problème est une vraie opportunité pour une startup

 

Pour tester une idée, voici quelques questions que vous devez vous poser concernant le problème que vous attaquez :

  • est-ce que d’autres personnes rencontrent ce même type de problème ?
  • est-ce que ces personnes ont des problématiques relatives au problème initial mais auxquelles vous n’aviez pas pensées ?
  • est-ce que ces personnes répondent actuellement au problème de manière non optimale ?

La meilleure façon d’essayer de trouver des réponses à ces questions est d’aller à la rencontre de ces personnes. Vous pourriez par exemple assister à des meetups sur le sujet, ou tout simplement discuter avec des gens qui se trouvent à un emplacement en rapport avec votre produit. Si vous réfléchissez actuellement à une façon de rendre les commandes au bar plus simple pour les clients (via leur téléphone par exemple), il y a de grandes chances que vous puissiez rencontrer des gens qui rencontrent cette problématique dans des bars 😉

Le plus important, vous l’aurez compris, est d’aller discuter avec des gens que vous considérez comme votre cible. Il est fort probable qu’à ce stade vous ne sachiez pas exactement qui est votre cible, c’est tout-à-fait normal, et ça ne doit pas vous empêcher d’aller discuter avec les gens. J’emploie le terme « discuter » volontairement, car à ce stade, c’est vraiment d’une discussion ouverte dont vous avez besoin, et certainement pas d’un sondage par exemple. En effet, sonder les gens sous-entend que vous savez déjà quoi leur demander, et a fortiori aussi ce qu’ils peuvent répondre ! Vous êtes ici pour mettre à l’épreuve vos hypothèses concernant le problème que vous avez identifié, soyez donc le plus ouvert possible dans votre discussion pour déceler chez vos interlocuteurs des indices qui mettent en évidence qu’ils ont effectivement bien le problème que vous avez identifié !

Il n’y a pas de règle sur le nombre de personnes que vous devez interroger. Néanmoins, plus ce nombre est important, mieux c’est, et moins vous risquez de tomber dans un minimum local. Si vous n’interroger que 5 personnes, que ces 5 personnes partagent effectivement votre point de vue, peut-être qu’en en ayant interrogé 15 une problématique plus vaste serait apparue. C’est à vous de juger le moment où vous pensez qu’il est bon de passer au stade d’après, mais généralement cela intervient quand la plupart des réponses que vous obtenez lors de vos discussions convergent dans le même sens. Vous pouvez alors passer à l’étape suivante : tester une idée en validant les hypothèses quant à la solution que vous souhaitez apporter.

Tester une idée en validant les hypothèses sur la solution que vous apportez

 

Après avoir validé les hypothèses concernant le problème que vous avez identifié, il est maintenant temps de tester si la solution à laquelle vous pensez pour répondre à ce problème serait effectivement intéressante pour votre cible ! C’est une étape incontournable pour tester une idée.

Nul besoin ici d’avoir un produit complet pour le tester auprès de votre cible. C’est d’ailleurs justement ce que l’on veut éviter ! Tout le temps que vous passez à développer un produit qui n’intéresse personne est autant de temps perdu. Notre objectif ici va donc se résumer à réduire les risques quant au produit que vous développez. Pour ce faire, vous devez trouver un moyen de tester si votre solution répond effectivement au problème que vous avez identifié. C’est là que votre créativité rentre en compte.

Prenons un exemple, nous sommes à la fin des années 90, vous avez remarqué que les gens n’ont pas forcément le temps de se déplacer en magasin pour acheter des chaussures car le magasin est trop loin, ou pas ouvert aux bons horaires, ou tout simplement que votre magasin habituel ne propose pas la paire de chaussure que vous souhaitez acheter !

A la fin des années 90, le web n’est pas ce qu’il est aujourd’hui mais vous vous dites que ce serait quand même carrément chouette de pouvoir acheter des chaussures directement sur internet : plus de problème d’heures d’ouverture ni de distance au magasin ! Seulement voilà : comment tester cette solution sans dépenser les dizaines de milliers d’euros nécessaire à la création d’un site, la gestion d’un local pour entreposer les chaussures, gérer les stocks, les livraisons, les retours, etc. ? C’est exactement la question que s’est posée Nick Swinmurn lorsqu’il a fondé Zappos en 1999. Zappos a été l’un des premiers sites de vente en ligne de chaussures, et ce qu’à fait Nick pour tester son idée était plutôt brillant.

zappos

 

N’ayant évidemment pas l’argent nécessaire pour tester son idée à grande échelle, Nick Swinmurn s’est contenté d’aller voir les revendeurs de chaussures près de chez lui, et leur a demandé la permission de prendre en photo les chaussures. Il expliqua ensuite qu’il mettrait ces photos sur un site où les gens pourront les acheter directement. Il irait ensuite en personne aller acheter la paire de chaussure dans le magasin où a été prise la photo, comme s’il achetait la paire pour lui. Il ne lui restait plus qu’à faire le colis, et l’envoyer par la poste de façon la plus classique au monde. Son objectif était-il de gagner de l’argent ? Bien sûr que non, son objectif était de tester l’hypothèse que des gens achèteraient des chaussures en ligne sans même les avoir essayées. Et son expérience à été fructueuse car devant le succès de son site, il a pu lever des fonds pour développer une vraie entreprise, qui a été rachetée des années plus tard par Amazon et compte aujourd’hui plus de 1500 employées. N’était-ce pas une merveilleuse façon de tester une idée ? Personnellement je suis fan 😉

Ce que vous devez retenir ici c’est qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un produit complètement terminé pour commencer à tester si la solution qu’il apporte est la bonne. Profitez du fait que vous n’ayez pas d’argent pour vous creuser les méninges et chercher une façon de tester votre solution « à la main ». Cela peut être aussi sophistiqué que l’a fait le fondateur de Zappos mais ça peut être bien plus simple. Pour une application mobile par exemple, vous pouvez très bien dessiner les différents écrans de votre application sur un post-it, prendre un téléphone, y coller les post-its, et simuler les interactions entre écrans grâce aux post-its. Ca peut suffire à faire comprendre une solution et donc à en tirer des retours intéressants auprès de votre cible. Attention cependant : plus votre expérience est fidèle à votre solution finale (comme pouvait l’être le « faux » site de Zappos, le client ne sachant pas ce qu’il se passait en coulisses) plus les retours seront pertinents. A l’inverse, moins l’expérience est fidèle (par exemple les post-its), moins les retours seront pertinents, mais ce type d’expérience offre l’énorme avantage d’être très rapide à formuler.

Résumé et conseils pratiques pour tester une idée

 

Nous avons vu dans cet article que pour minimisez les risques que vous prenez, il est indispensable de mettre à l’épreuve vos hypothèses :

  • les hypothèses concernant le problème que vous adressez : est-il partagé ? Est-il mal résolu aujourd’hui ? Est-il « vital » ?
  • les hypothèses quant à la solution que vous apportez : permet-elle de résoudre de manière efficace le problème ?

Vous pouvez (devez) faire des allers retours entre ces deux « étapes ». Certaines de vos hypothèses sur votre solution peuvent être invalidées lorsque vous tester la solution, et vous faire revoir par la même occasion certaines de vos hypothèses concernant le problème initial que vous souhaitiez résoudre. C’est ce jeu permanent d’allers retours qui finira par minimiser les risques. Ne pensez par contre pas que votre cible développera votre produit à votre place, votre rôle en tant qu’entrepreneur c’est d’entendre ce que votre cible vous dit, et de l’interpréter d’une nouvelle façon. Un exemple très célèbre l’illustre bien, on a demandé à M Ford s’il avait demandé à ces clients de l’époque ce qu’ils voulaient. Il leur a répondu « Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils voulaient, ils m’auraient répondu qu’ils veulent des chevaux plus rapides ! ». Si vous entendez ce genre de réponse de la part de votre cible, ne vous empressez pas d’aller trouver un moyen de faire des chevaux plus rapides, mais comprenez plutôt que le problème est lié à une vitesse de déplacement trop faible, et allez inventer la voiture 😉

 

Quelques conseils pratiques que vous pouvez mettre en application tout de suite :

  • Déterminez qui pourrait être votre cible, et chercher un endroit où vous êtes susceptible de pouvoir la rencontrer
  • Engagez la discussion avec votre cible en orientant la discussion sur le problème qu’elle rencontre, les gens adorent parler de leur problèmes, soyez près à prendre des notes, et attendez-vous à une bonne discussion !
  • 5 personnes ne suffisent probablement pas pour déterminer si votre solution est validée, l’inverse n’est pas vrai : 5 personnes qui vous disent que votre solution est naze et qu’elles ne l’utiliseront jamais suffise pour se dire que quelque chose ne va pas avec votre solution, et tester autre chose 😉
  • Vous pouvez tester votre solution auprès des mêmes personnes avec lesquelles vous avez validé vos hypothèses quant au problème, en revanche, il est très important d’aussi aller interroger des personnes « vierges » pour avoir un point de vu nouveau

Si vous avez des questions ou besoin de précisions pour tester une idée, n’hésitez pas à laisser un commentaire :)